À saint Nazaire la police pratique la “tolérance zéro” d’après un envoyé spécial du Figaro

Vu sur Indymedia Nantes :

lettre ouverte de citoyens Nazairiens

Christophe Cornevin a écrit le 15 février 2012 (page 2) comme ENVOYÉ SPÉCIAL du Figaro à St Nazaire dans les couloirs du commissariat “À SAINT NAZAIRE la police pratique la “tolérance zéro”"

Une lettre à l’initiative d’associations et organisations militantes est écrite, signée aussi par des citoyen-ne-s. Comme l’indique le contenu de la lettre, pourquoi mettre les projecteurs sur cette ville (TF1 fait aussi cette semaine un reportage au commissariat principal) l’envoyé spécial (sic) rapporte en des termes assez choquants des évènements tronqués, inexacts et surtout orientés…. Les signataires en ont une idée, d’autant que la venue en meeting de Marine Le Pen est annoncée et que le blessé handicapé à vie de la manif du 29/09/2012 ne veut pas céder devant le non-lieu décrété par le juge d’instruction de sa plainte contre le tireur non identifié de GLI .
Le MRAP fait chaque année sa semaine d’éducation contre le racisme et d’autres associations comme celle des Maison de Quartier et le Centre de Culture Populaire y développent l’Éducation Populaire.

La lettre ouverte en format PDFhttp://nantes.indymedia.org/attachments/feb2012/lettre_ouverte_au_figaro_defin.pdf

L’article nauséabond du Figaro : http://nantes.indymedia.org/attachments/feb2012/lefig21.pdf

Monsieur l’envoyé spécial du Figaro,

Les Nazairien-ne-s souhaitent tout d’abord que vous vous soyez bien remis de votre venue sûrement trop rapide au commissariat principal de Saint-Nazaire. Venir en province et, en plus, dans une ville ouvrière, semble une dure expérience pour un journaliste du Figaro.

Sachez que nous n’habitons pas la ville que vous décrivez dans l’article du mercredi 15 février, article qui vient appuyer une idée fausse transformant chaque citoyen-ne en délinquant-e en puissance.

Des policiers de notre cité poussés, comme partout par la culture du résultat, font de tout acte, un acte criminel, y compris la contestation sociale : en 2009-2010, plusieurs dizaines de gardes à vue, plusieurs peines de prison ferme allant jusqu’à 8 mois, un blessé grave par une grenade assourdissante, lors d’une manifestation contre les mesures antisociales du gouvernement.

Saint-Nazaire est une ville ouvrière qui ne renonce pas et ne baisse pas la tête face aux coups bas du gouvernement. Est-ce pour cela qu’elle doit subir une répression sans précédent qui mutile, emprisonne ?

Vous avez constaté que les policiers pouvaient faire “preuve d’humanité” face aux “scènes d’hystérie” des habitants de La Bouletterie. Tout au long de cet article, nous avons bien reconnu cette “humanité”. Par exemple, quand ils parlent de “l’oisiveté” des gens plutôt que du chômage ! Quand ils avouent leur préférence pour “les manifs du matin, car les gars sont encore sobres” : les manifs de l’après-midi, comme celle du 29 janvier 2009, peuvent en effet être très dangereuses : un tireur des forces de l’ordre a tellement mal visé ce jour là que sa grenade explosive a handicapé à vie un passant !

Quelle humanité aussi dans ces phrases que vous prêtez aux policiers qui évoquent “la clientèle” du commissariat : “ils filent droit au délit dès qu’ils savent marcher et mentir”, en plus “ils” sont “superstitieux, ils prient et font leurs ablutions avant de monter un coup”. Dans les gènes, sans doute ? Du Guéant tout craché ! Les résultats sont au rendez-vous, paraît-il. “les affaires de stup ont explosé” dites vous. Peut-être… Les actions de prévention, elles, n’ont pas explosé !!!!

Dans votre article, la stigmatisation de la population des quartiers populaires est à son comble. Les jeunes de ces quartiers sont présentés comme des délinquants dès la naissance surtout s’ils n’ont pas la bonne couleur de peau. Côté racisme, cela explose au commissariat si les paroles que vous attribuez à des policiers sont véridiques. Ils ont beau être “chevronnés”, avoir “le coeur dur”, être du “genre Polnareff” ou “ancien mannequin” et avoir “une foi inoxydable dans son métier”, ils se laissent aller à des clichés racistes et islamophobes dans le choix de présenter les “délinquants” : “les Blacks qui débarquent de Nantes avec 150 grammes d’héroïne dans le caleçon”, ceux qui “parlent par ellipses, par codes ou en dialecte wolof ou bambara pour brouiller les pistes” ou lorsqu’ils évoquent une fillette “frappée à coups de bâton par son père parce qu’elle ne voulait pas apprendre le Coran”. Vous faites un amalgame dangereux accréditant des thèses nauséabondes.

De votre côté, c’est un peu pareil, vous n’avez pu échapper aux clichés. Vous avez tout utilisé sauf la prostitution et le voile : pas assez de place sans doute ! Persistant dans les amalgames, vous n’avez pu vous empêcher d’assimiler les ouvriers des Chantiers à des alcooliques en puissance, de parler des “jeunes de banlieues”, de “l’ultra gauche”, des “gros bras recrutés sur les docks” (quelle belle image pour un Parisien !), des “syndicalistes remontés” (contre qui ?), “les quartiers nord” (vous avez dû faire un “copié-collé” avec ce qui se passe dans d’autres villes !!!). Tout cela, c’est beau comme de l’antique, mais ce n’est pas la réalité nazairienne.

Pourquoi n’avoir interrogé que des policiers et nullement les habitants, les associations, la municipalité ? Un parti-pris au service d’un objectif : donner une image caricaturale de Saint-Nazaire ville-ouvrière, gangrenée par l’alcool, la délinquance, les trafics de toutes sortes et “l’islamisme” qui exerce sa violence, même sur les fillettes. Un parti-pris qui “fleure bon” le racisme et les discriminations.
Certes, comme ailleurs, il existe à Saint-Nazaire des problèmes de délinquance. Mais si les forces de l’ordre ne connaissent que la répression, le riche tissu associatif, lui, a opté pour la prévention.
Nous pensons qu’en journaliste d’investigation, vous allez revenir à Saint-Nazaire et cette fois-ci, donner la parole aux “jeunes des quartiers” (rassurez-vous, on vous accompagnera si vous le voulez !). Peut-être irez-vous dans une de ces Maisons de Quartiers qui font un travail formidable, travail que vous venez de salir par votre article. Prenez aussi contact avec les habitants, les associations locales, les syndicalistes.

Votre article atteint le summum quand vous écrivez que les policiers nous font subir leur répression “sans jamais faire de vagues”, que “la population collabore” : c’est sûrement pour cela que la police de Saint-Nazaire se retrouve sous les projecteurs de la CNDS (commission nationale de déontologie et de la sécurité) dans deux affaires. C’est sûrement pour cela que les associations, les syndicats, les partis politiques de gauche ont créé un comité de défense des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires (CODELIB), constatant et dénonçant jour après jour les dérives que vous appelez “laboratoire de la tolérance zéro” sarkozyste. Savez-vous que l’impunité n’est pas toujours du côté que vous croyez : dans l’affaire du passant blessé le 29/01/2009, le CRS tireur n’ayant pas été identifié, la justice a prononcé un “non-lieu”.

Ce que vous décrivez n’est pas Saint-Nazaire : envoyé spécial au front ou journaliste, il y a une éthique qui doit être respectée. Faites votre vrai travail “d’envoyé spécial”, d’enquête sur le terrain et, surtout, rassurez vos lecteurs du Figaro : la vie quotidienne de la population nazairienne serait plus agréable, si elle n’était “pourrie” par les politiques menées.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de notre très haute réprobation.

Premiers signataires :

ORGANISATIONS OU ASSOCIATIONS :
ATTAC St Nazaire, la Presqu’île et le Pays de Retz, CNT St Nazaire, CODELIB, Europe-Ecologie-Saint-Nazaire-Montoir, FRONT DE GAUCHE (PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, PARTI de GAUCHE), FSU (Fédération Syndicale Unitaire) St Nazaire, Indignés du PAF, Label Gauche, Les Pieds dans le PAF, LDH (Ligue des droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) Saint Nazaire, MRAP Nantes, NPA Comité de Saint-Nazaire, USI-CGT (Union Syndicale de l’Intérim CGT), Union Démocratique Bretonne…

CITOYEN-NE-S :
François Ader, Jeanne Ader, Claire Ajejas, Roseline Amelot, Rémy Barraud, Rémy Barreteau (enseignant à la retraite SNES Nantes), Marguerite Beaudouin (PCF), Victor Beaudouin (PCF), Georges Beillevaire, Jacques Bernard, Dominique Bonnin, Rémi Bouriaud (Bouguenais), Christian Brétecher, Julie Broussaudier, Nelly Broussaudier, Nathalie Bruneau, Jean Calvo, Hélène Canton (présidente du collectif d’animation de la Chesnaie), Jean Cesbron, Nicole Cesbron, Chantal Chaumarel, Geneviève Coiffard-Grosdoy, Yves Coquard (président LDH St Nazaire), Frédérique Couzigou, Lionel Debraye, Jean-Jacques Dejenne, Patricia Dupré-Cormerais, Martine Durand, Marie-Christine Ferret, Myriam Foucher, Jean-Pierre Gabory, Claudine Glévarec, Marie-Hélène Gounot, Augustin Grosdoy (co-président du MRAP St Nazaire), Pamphile Hounsou (animateur public jeune maison de quartier de la Chesnaie), Pierre Jégo, Carine Jonquet, Yannick Jonquet (FSU), Mohamed Kismi, Gérard Lambert-Ullmann (Librairie Voix au chapitre), Patrick Lamoot (USI-CGT), Claudie Larraguetta, Régine Latête, René Lauret, Marcel Le Bronze, Jean Louis Lechat, Michel Le Déan, Christiane Le Dreff, Briac Lelièvre (délégué du personnel CGT), Catherine Le Mauff, Marie-Luce Leroy, Bernadette Lucas, Françoise Mahé (co-présidente du MRAP St Nazaire), Andrée Marmoret (une parisienne), Daniel Mathieu (PARTI DE GAUCHE St Nazaire), Pierre Mercier, Anne Mesnier, Chantal Moreau, Laurence Ortega, Armelle Penduff, Damien Perrotin (UDB), Joana Prats, Joël Quélard, Michel Richard, Diane Roussel, Marie-Pierre Sou (directrice de la maison de quartier de la Chesnaie), Françoise Thoumas (présidente du MRAP Nantes), Annie Uriatre (LDH), Pascal Vaillant, Marc Vince…

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Appel à un rassemblement de soutien aux militant-e-s anti-aéroport le mardi 21 février à 13h devant le tribunal de Sai nt-Nazaire

Soutenons les militant-e-s anti-aéroport  face à la répression!

Lors de la manifestation accompagnant le départ de la tracto-vélo NDDL/Paris,le 6 novembre 2011, un groupe d’opposant-e-s à l’aéroport de Notre Dame Des Landes a “escorté” un membre des renseignements généraux hors du cortège. A la suite de ces faits, deux camarades sont convoqués au tribunal de Saint-Nazaire  pour “outrage à agent” le mardi 21 février à 14h.

Ce procès, qui s’ajoute à de nombreux procès visant des militant-e-s anti-aéroport, participe de cette volonté des pouvoirs policiers,judiciaires,politiques,complices de Vinci, de criminaliser cette lutte légitime contre un projet inutile. Et pourtant la répression ne nous fera pas céder! nous sommes déterminé(e)s à lutter jusqu’à l’abandon du projet.

Nous appelons les militant(e)s, la population  à se rassembler  devant le tribunal de Saint-Nazaire le mardi 21 février à partir de 13 heures en soutien à nos deux camarades convoqués.

Le terrorisme d’Etat ne passera pas!

le  comité de soutien aux inculpé-e-s anti-aéroport
contact : csia@riseup.net

http://soutieninculpeesnddl.wordpress.com/

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Une affiche de soutien aux inculpé-e-s à coller près de chez vous.

En format PDF pour impression et diffusion :

affiche soutien inculpé-e-s

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Appel au soutien des inculpé-e-s anti-aéroport le 13/02 au tribunal de Nantes

une demande de report du procès des inculpé-e-s anti-aéroport du 1er décembre sera faite par leurs avocats lors de l’audience du 13 février, au tribunal de grande instance de Nantes.

Cette demande a de fortes chances d’être accceptée, du fait que le dossier d’enquête a été envoyé très tardivement à la défense. dans lequel, de plus, il manque certaines pièces importantes. Ceci nous a donc incité à ne pas appeler
à une manifestation et à une grosse mobilisation, comme prévu initialement.

Néanmoins, nous appelons toutes les personnes souhaitant soutenir les camarades à venir se rassembler devant le tribunal de Nantes à partir de 14h.

Ensemble, nous pourrons ainsi discuter autour d’un vin chaud, de la répression que subissent les personnes opposées à l’aéroport de NDDL et plus généralement, toutes celles qui portent un regard critique sur la société qui nous est imposée !

Le terrorisme d’état ne passera pas !

Le comité de soutien aux inculpé-e-s anti-aéroport

contact : csia@riseup.net            le blog du comité : http://soutieninculpeesnddl.wordpress.com/

L’adresse du tribunal de grande instance de Nantes : 19 quai François Mitterrand
44921 NANTES CEDEX 9

Pour rappel, le comité de soutien se réunit tous les mardi soir à B17 (17, rue Paul Bellamy) à Nantes.

Vous y êtes tous/toutes convié-e-s !

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Le procès des inculpé-e-s du 1er décembre reporté au 16 mai 2012

le procès pour les camarades inculpé-e-s du 1er décembre est reporté pour le mercredi 16 mai.

L’heure du procès n’est pas encore connue.

On vous tient au courant de la suite de la mobilisation de soutien aux camarades inculpé-e-s du 1er décembre.

En attendant, on vous donne rendez-vous le mardi 21 février devant le tribunal de Saint-Nazaire en soutien à des camarades qui sont poursuivis pour avoir raccompagné un RG hors d’une manif d’opposant-e-s à l’aéroport de NDDL.

Un rassemblement de soutien est prévu à partir de 13h devant le tribunal de Saint-Nazaire.

Plus de détails très bientôt.

Le terrorisme d’état ne passera pas !

Un membre du comité de soutien

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source : mailing

http://27novembre2007.blogspot.com/
>
> Manifestation anti LRU le 27 novembre 2007 au Rectorat de Nantes.
> Un policier tire au flash Ball
> Un mineur est gravement blessé à l’oeil
> le Policier est renvoyé en correctionnelle
> La date du procès est maintenant connue : [6 & 7 mars 2012]
>
> Après 4 années et demi de procédure et 2 années depuis le renvoi en
> correctionnelle du policier tireur, Pierre et ses parents parties
> civiles attendaient que soit fixée la date du procès.
>
> C’est chose faite : le procès aura lieu le mardi 6 et mercredi 7
> mars 2012
>
>
> Le 27 novembre 2007, devant les grilles fermées du rectorat de
> Nantes, au terme d’une manifestation lycéenne et étudiante bien
> habituelle dans ces lieux et dépourvue de tout caractère de
> violence, Pierre, un lycéen mineur était touché au visage et
> grièvement blessé à l’œil par un tir de lanceur 40 mm (flashball
> nouvelle génération à portée plus longue et à plus grande précision)
> effectué par un policier masqué (port d’une cagoule intégrale sans
> l’autorisation administrative nécessaire), ayant en charge
> d’expérimenter cette nouvelle arme dans le département.
>
> Le lendemain même, alors que la gravité des blessures du jeune
> mineur hospitalisé était connue et que la préfecture s’acharnait
> déjà à faire de la victime un coupable, alimentant la presse en
> fausses informations sur les blessures, sur l’absence de tirs
> policiers, sur les conditions de la manifestation, la police
> procédait de la même manière (un tireur cagoulé de lanceur 40 mm)
> pour faire cesser un très modeste blocage lycéen au lycée privé
> Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle. (vidéo)
>
> Le policier tireur a été mis en examen le 26 février 2010, puis
> renvoyé devant le tribunal correctionnelle le 6 août 2010.
>
> Aujourd’hui, près de quatre ans et demi après les faits, la date du
> procès en correctionnelle du policier nantais incriminé pour un tir
> de flashball le 27 novembre 2007 est fixée.
> Les conditions de la procédure judiciaire ont pourtant été très
> difficiles et la tenue d’un procès n’a été obtenue que par un
> travail régulier et approfondi des parties civiles, de leurs avocats
> et leurs soutiens (LDH, Amnesty international, syndicats, groupe du
> 27 novembre, individuels, autres familles touchées par de telles
> violences), malgré les obstacles innombrables dressés contre la
> recherche de la vérité dans cette affaire.
>
> Et pendant tout ce temps, les victimes de tirs policiers au
> flashball se multiplient : Tableau mis à jour des victimes du
> flashball.
> http://27novembre2007.blogspot.com/2011/10/tableau-mis-jour-des-victimes-de.html
>
>
>
> http://27novembre2007.blogspot.com/

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Soutenons les espagnols, sous procédure anti-terroriste pour entartage !

Reçu par mail :

Info sur le niveau répressif franco espagnol, suite à l’entartage en
automne dernier à Toulouse d’une responsable espagnole de la province
de Navarre, à propos d’un projet de ligne LGV. Les basques du
mouvement Mugitu passent devant l’Audiencia National, cour de sûreté
de l’Etat anti terroriste, pour une action non violente commise en
France…

Information sur le processus ouvert à cause des entartages anti-LGV contre Yolanda Barcina :

UNE QUATRIÈME PERSONNE A ÉTÉ ACCUSÉE ET CITÉE À COMPARAÎTRE   JEUDI À MADRID

 L’Audiencia Nacional (Tribunal d’Exception) vient de citer  en tant qu’accusé  une quatrième personne, Mikel Alvarez Forcada, pour qu’il fasse une déposition jeudi prochain, 23 février, à Madrid, dans le processus ouvert pour les entartages anti-LGV contre Yolanda Barcina. L’arrêt de mise en accusation de l’Audiencia Nacional, daté du 15 février, décide d’étendre l’accusation à Mikel Alvarez, en le citant à comparaître devant la Cour Centrale d’Instruction nº1 de l’Audiencia Nacional jeudi prochain à 11h, pour sa participation présumée lors des faits et de la conférence de presse tenue le jour suivant – 28 octobre – à Iruñea (Pamplune),  d’après ce qui est dit dans la cédule de citation. De plus, l’arrêt d’accusation procède à l’ouverture  de l’Instruction 2/2012-10 et à la transformation de la procédure pénale abrégée par les démarches de la procédure ordinaire, en donnant son accord à la demande du Ministère Fiscal en se basant sur la gravité des peines de 4 et 9 ans de prison requises contre les accusés, pour un présumé délit d’attentat à l’autorité, suite à l’action de désobéissance à la LGV  effectuée par le mouvement Mugitu! le 27 octobre à Toulouse, où plusieurs adversaires  à la LGV ont interrompu le Conseil Plénier de la CTP (Communauté de Travail des Pyrénées) et ont lancé trois tartes de meringue au visage de la présidente du Gouvernement de Navarre Yolanda Barcina, qui était la plus haute représentante des institutions responsables de l’imposition de la LGV en Pays Basque .

Le mouvement Mugitu!  dénonce l’absurdité de tout ce processus entamé à l’Audiencia Nacional à la suite de la criminalisation d’une action de protestation qui  entre dans le cadre du vaste éventail des actions directes non-violentes. Elle a peu de conséquences légales dans les pays de notre entourage, mais dans notre cas elle fait l’objet d’une persécution pénale qui est complètement kafkaïenne. À ce sujet, les faits juridiques suivants  qui se sont produits dans le passage de ce nouvel arrêt de l’Audiencia Nacionale, mettent en évidence l’impunité avec laquelle le Gouvernement de Navarre veut obtenir, d’un tribunal d’exception dont l’objectif est d’exécuter la répression politique la plus féroce, une sentence exemplaire et vindicative pour un acte de protestation pacifique qui a  apporté  une grande joie populaire et a réjoui une grande partie de la population navarraise.  En ce sens:

1) Le 16 novembre, lorsque les trois entarteurs ont été cités pour faire une déposition devant le juge Santiago Pedraz, la défense a présenté un recours parce qu’elle a considéré que la demande de peines de prison de 4 et 9 ans de prison est hyperbolique et outrepasse les droits. En effet, à partir du moment où les faits ont été qualifiés par l’Audiencia Nacional comme un présumé délit d’attentat, l’action des entartages est punissable  de peines allant jusqu’à six ans de prison pour les accusés Julio Villanueva et Ibon Garrido. En ce qui concerne Gorka Ovejero, ils pourraient lui appliquer une peine aggravée allant jusqu’à 9 ans de prison puisque le Ministère Fiscal considère insidieusement qu’il a pu prendre part à cette action de désobéissance non à titre personnel mais en tant que adjoint au maire et élu municipal d’Arruazu. Face à cela, la défense a demandé dans son recours la requalification du procès en un Jugement pour Contravention qui est, dans le pire des cas, le niveau où devrait se situer cette procédure si nous tenons compte du principe de proportionnalité et des caractéristiques des faits, qui, comme l’a bien établi le pays où ils ont été produits,  ne constitueraient rien de plus que cela : des fautes, dans le cas où on les considère commises .

2) Pourtant, le juge Santiago Pedraz a rejeté successivement le 30 novembre et le 29 décembre les recours  en requalification et les demandes d’appel formulés par la défense.  L’Audiencia Nacional a décidé, en outre, dans sa volonté de tout accélérer contre nous, la continuation du processus par la démarche de la procédure abrégée et la pratique de deux actes de procédure : d’une part, ils ont demandé à la Mairie d’Arruazu de faire un rapport expliquant si Gorka Ovejero s’est rendu à l’acte de la CTP à titre personnel ou en représentation de la Mairie, et de l’autre, ils ont dépêché une  commission rogatoire à la France pour qu’elle transfère les données des enquêtes pratiquées par la Police Nationale française, en réclamant  les résultats de la recherche d’empreintes et d’ADN sur les emballages des tartes .

3) Entre temps, l’opacité concernant la situation de notre cas à Toulouse et l’état des enquêtes ouvertes par la Police Nationale française est de plus en plus mise en évidence. En effet,  il a été vérifié que l’on a ouvert des actes de procédure au Tribunal de Grande Instance de Toulouse à la suite d’une plainte qui a été déposée devant la Police française le jour même des faits par M. Martin Malvy, Président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, qui était l’hôte de la réunion de la CTP.  L’ouverture de ces enquêtes judiciaires à Toulouse a été confirmée par la Police Forale de Navarre elle-même, lors d’une communication qu’elle a été obligée d’adresser au Tribunal d’Iruñea à la suite de l’admission de la plainte présentée par l’accusé Julio Villanueva pour les conditions de sa garde à vue, quand il a été arrêté par des agents de la Police Forale, après son retour de Toulouse. La Police française a également convoqué le 28 novembre deux membres du mouvement occitan Libertat qui avaient soutenu l’action de protestation pour qu’ils fassent une déposition au commissariat central de Toulouse. Depuis lors, personne ne sait rien de plus en ce qui concerne la poursuite ou non d’une procédure judiciaire en France, et nous n’avons pas non plus obtenu de réponse à la demande officielle transférée au tribunal français par les entarteurs  de faire leur déposition à Toulouse. Par conséquent, cette opacité sur les activités réalisées dans le pays voisin révèle à notre avis la collaboration de l’État français avec l’espagnol en matière judiciaire et policière pour laisser l’affaire entre les mains de l’Audiencia Nacional espagnole.

 Finalement, le mouvement Mugitu!  appelle à la solidarité avec les accusés et réaffirme  son option en faveur de la désobéissance civile comme forme de lutte contre la LGV. De plus, alors que la crise se rue de plus en plus sur les classes populaires, nous pensons qu’il faut, aujourd’hui plus que jamais, rejeter  ces macro-projets  destructeurs de la terre, élitistes et gaspilleurs.

Mouvement Mugitu!

http://mugitu.blogspot.com/

     mugituaht@gmail.com

Tlphne 0034-695715510

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Labège : on en est où ?

 

reçu par mailing :

A Toulouse le 15 novembre dernier, sept lieux de vie ont été perquisitionnés, quinze personnes interpelées, dont six placées en garde-à-vue, soupçonnées d’avoir participé au « saccage » des locaux de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Labège, le 5 juillet 2011 (dans les faits quelques tags et un peu de merde déversée…). Finalement cinq mises en examen entrainent quatre détentions préventives à la Maison d’Arrêt de Seysses, et un placement sous contrôle judiciaire.


A charge, l’appartenance à une « mouvance d’ultra-gauche toulousaine » fantasmée dont l’un des principaux champs d’action serait la lutte anticarcérale… Il faut que quelqu’un paye pour la profanation de la Maison de la Justice de Labège. L’action du 5 juillet était survenue en solidarité avec les mutins de l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur. Deux mois plus tôt, la quasi totalité des détenus s’était révoltée et avait saccagé des dizaines de cellules. La réponse de l’Administration Pénitentiaire et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), qui co-gèrent les EPM, fût tristement banale : mesures d’isolement, conseils disciplinaires, transferts, ainsi qu’une descente des Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), spécialistes cagoulés du matage des luttes en prisons.

Après l’enfermement dedans, l’enfermement dehors : les quatre prévenu-es de novembre sortent de taule après trois mois de préventive et sont placé-es sous contrôle judiciaire. La « liberté » dont illes devraient se réjouir ressemble de près à une énième sommation à la soumission. Arrêté-es sur la base d’affinités, de contacts téléphoniques et d’engagements politiques dans diverses luttes, la machine judiciaire n’a pas fini de pourrir la vie (c’est bien ce qu’elle fait le mieux) des mis-es en examen.

On voit clairement le rôle du contrôle judiciaire : officiellement nécessaire à l’intégrité de l’enquête, il s’agit en fait d’une énumération de contraintes destinées à prolonger la « privation de liberté ». Des comptes à rendre quant à ses déplacements, à l’obligation de pointer chaque semaine dans un commissariat donné, en passant par l’interdiction d’entrer en contact les unes avec les autres, le message est clair : la vie ne reprend pas. Tant pis si le commissariat en question est à 600 bornes de tout ce qui faisait le quotidien, si certaines des potes qui n’ont pas le droit de se voir étaient ensemble en cellule… La Justice se passe de justifications, elle broie, y compris les moindres désirs de se retrouver. A l’entrave directe de la prison se substitue celle plus sournoise d’imposer l’auto-flicage. Il faut anticiper ses moindres faits et gestes avec la menace permanente de retomber. Des milliers de personnes subissent cette pression quotidienne.

Elles sont par ailleurs des centaines de milliers à alimenter les divers fichiers de signalisation des flics. Tout est bon pour se faire prélever ADN, empreintes digitales et photos ; la quantité de données accumulées augmente à un rythme effréné. Ce projet de fichage généralisé comme symptomatique de la société de contrôle nous fout la gerbe. Refuser les prélèvements expose théoriquement à de lourdes amendes et à de la prison ferme, mais dans les faits il est crucial de saboter cet outil de maintien de l’ordre social. Tou-te-s les gardées à vue de novembre ont refusé de se soumettre aux prélèvements, qui ont par conséquent été effectués contre leur gré (saisie des couverts, mégots, gobelets…), et devront en répondre devant la Justice le 9 mai prochain.

Bref, la libération récente de la dernière des incarcérées ne doit pas occulter que l’instruction, aussi creuse soit-elle, se prolonge. Nous voulons l’arrêt immédiat de toutes les poursuites. Nous voulons la levée de tous les contrôles judiciaires. Nous voulons la suppression totale de tous les fichiers. Nous voulons la destruction de toutes les prisons. Nous voulons la disparition de toutes les formes d’enfermement.

février 2012
pourlaliberte.noblogs.org

Le texte en jpg :

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Concernant les récentes tentatives d’infiltration policière au sein du milieu militant lyonnais

Source : http://rebellyon.info/ (vu sur le site du jura libertaire) :

Ce pourrait être une rencontre banale. Une discussion dans un hall d’hôtel de Lyon. Sauf que les deux protagonistes font partie de mondes qui sont sensés s’opposer. D’un côté, un activiste, militant anti-fasciste de premier plan. De l’autre un agent de la DCRI. C’est lui qui a convenu du rendez-vous. Il n’y a pas de cadre légal, c’est juste une discussion. Ça parle de l’actualité lyonnaise fafs/antifas, des questions sont posées sur les derniers squats publics ouverts, entres autres…

Petit retour en arrière. Courant 2011, un mili­tant est convo­qué au com­mis­sa­riat. L’appel n’expli­que pas les moti­va­tions. L’inté­ressé s’y rend et tombe sur un agent de la DCRI. Pour com­men­cer le deal parait simple, un échange de « bons pro­cé­dés » : lui accepte d’être en liai­son avec la DCRI et les flics, de leur côté, lui four­ni­ront quel­ques ren­sei­gne­ments utiles à l’occa­sion (« atten­tion tel jour ne sort pas de chez toi, il y a des fas­cis­tes en plan­que dans le coin »). Un télé­phone por­ta­ble est remis au jeune homme. Il accepte. En tout cas il ne dit pas non. Les jours sui­vants, il garde tout pour lui, seule une toute petite poi­gnée de gens est au cou­rant. Il va retour­ner à plu­sieurs repri­ses au com­mis­sa­riat et être par la suite invité dans des halls d’accueil de grands hôtels lyon­nais. Au fil des ren­contres, il y a ce sen­ti­ment d’être com­plè­te­ment dépassé, piégé, d’avoir mis le petit doigt dans un engre­nage infer­nal qu’il ne maî­trise plus. Il y aura bien quel­ques confes­sions à ses potes, des ten­ta­ti­ves de jus­ti­fi­ca­tion (« c’était pour infil­trer la police », « je n’ai jamais rien lâché »). Les poli­ciers lui pro­po­sent même de l’envoyer à Notre-Dame-Des-Landes aux frais du Ministère de l’Intérieur : « après tout toi ça te ferait plai­sir d’y aller et nous ça nous arrange ». Après le refus, il y a la fuite. Sans doute pour ne plus faire le jeu de la police, cer­tai­ne­ment aussi parce que la proxi­mité avec les condés reste heu­reu­se­ment dif­fi­cile à assu­mer au sein des milieux mili­tants ou « radi­caux ».

Plutôt que de cher­cher à mettre en accu­sa­tion tel ou tel, il semble indis­pen­sa­ble d’opérer quel­ques mises au point quant aux récen­tes ten­ta­ti­ves de recru­te­ments d’indi­ca­teurs. Rappeler quel­ques évidences pour que pré­ci­sé­ment ce genre d’his­toi­res ne se repro­dui­sent plus, et sur­tout ne tour­nent pas aussi mal.

Comment on en arrive là ?

Par une série d’erreurs, de conne­ries, dont une bonne part sem­blent liées d’abord à des fai­bles­ses col­lec­ti­ves et poli­ti­ques. Il règne par­fois d’étranges idées dans les milieux mili­tants. Il y a par exem­ple celle qui consiste à croire que les poli­ciers pour­raient être en cer­tai­nes situa­tions des alliés, comme si on reven­di­quait en creux la mise en place d’une bonne police, ou que l’on atten­dait de la part des pou­voirs publics qu’ils jouent leur rôle d’arbi­tre légi­time, notam­ment face aux agres­sions fas­cis­tes (voir les nom­breux comp­tes-rendus de manifs où les flics sont accu­sés d’être du côté des fafs et pas du « nôtre », etc.). C’est sur le fond de cette erreur poli­ti­que fon­da­men­tale que des mili­tants, sans doute bien inten­tion­nés, ont régu­liè­re­ment joué le rôle d’inter­lo­cu­teurs [Un exemple parmi d’autre : en prenant l’initiative d’aller voir la préfecture en possession de captures d’écrans de discussions de fafs sur FaceBook.] pour la police. Et les flics ont beau jeu alors de dis­til­ler quel­ques infor­ma­tions du côté des fafs ou en direc­tion des anti­fas, pour contrô­ler leur affron­te­ment et au pas­sage racler quel­ques ren­sei­gne­ments utiles concer­nant plus lar­ge­ment les mou­ve­ments contes­ta­tai­res ou « radi­caux ». Seconde fai­blesse, qui est moins d’ordre « théo­ri­que » celle-là : on ne se tient pas assez. Il a manqué, dans cette der­nière his­toire, la soli­da­rité ou la force col­lec­tive néces­saire pour qu’une per­sonne se sente en mesure de résis­ter à la pres­sion poli­cière, et avant ça qu’elle soit capa­ble de faire face aux dif­fi­cultés qui l’ont ame­nées là. Il semble en l’occur­rence que le pre­mier argu­ment des flics lors de leur appro­che ini­tiale ait porté sur une pos­si­bi­lité de pro­tec­tion (« on sait que des nazis te cher­chent, qu’ils t’ont menacé de mort mais on peut te pro­té­ger si en échange tu nous rends ser­vice ») Quand les issues col­lec­ti­ves font défaut, évidemment on joue la carte perso, qui peut se tra­duire alors par toute une série de défaillan­ces et d’erreurs indi­vi­duel­les. On peut s’effon­drer, balan­cer tout et n’importe quoi, en pro­fi­ter pour régler des comp­tes avec tel ou tel… et sans aller jusque là, il y a le risque de vou­loir jouer au plus malin. En pen­sant qu’une col­la­bo­ra­tion avec les ser­vi­ces de police pour­rait tour­ner à son avan­tage, qu’on pour­rait leur mentir, ne pas leur donner d’infos, et même en obte­nir à leur insu, « voir ce qu’ils savent ». Sauf que face aux flics et à leur orga­ni­sa­tion, le rap­port de force dans la dis­cus­sion n’est jamais en notre faveur. C’est eux qui mènent la dis­cus­sion et qui se ren­sei­gnent [À noter que pendant ces conversations, à côté de la stratégie assez classique qui consiste à faire parler la personne en face de soi, les flics ont aussi tendance à « tester » l’autre en parlant et en observant ses réactions ou son absence de réactions. Exemple : quand un mec de la SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste) dit tout net, « tu sais ce qui nous intéresse, c’est pas les gens qui jettent des cailloux, c’est vraiment ceux qui veulent poser des bombes », et qu’en face la personne interrogée écoute avec intérêt, elle avalise de fait qu’elle évolue bien dans un univers où il est « normal » de caillasser la police. Et c’est sur ces gens-là, entres autres, que la police enquête. Retord mais efficace.], et sans en avoir l’impres­sion on risque tou­jours de confir­mer leurs hypo­thè­ses, de com­plé­ter leurs car­to­gra­phie des « milieux à risque » ou d’ali­men­ter leurs fan­tas­mes autour des diver­ses figu­res de « l’ennemi inté­rieur » (gré­vis­tes incontrô­la­bles, cas­seurs infil­trés, grou­pes vio­lents et autres grou­pus­cu­les anar­cho-machin chose). Jamais, il n’y aura de conver­sa­tion inno­cente avec la police. Tout ce qui est dit est, d’une manière ou d’une autre, sus­cep­ti­ble d’être réu­ti­lisé, contre soi ou contre d’autres. Sans comp­ter que plus on parle, plus les flics pen­sent qu’on en sait, plus ils en rede­man­dent, moins on peut s’arrê­ter subi­te­ment. La machine est lancée.

Comment pro­cè­dent les flics ?

Avec ce qui leur tombe sous la main (au gré d’un contrôle [Voir Tentative de recruter une taupe dans le bocage contre un téléphone et des cacahuètes, NDDL, oct.-nov. (Indymedia Nantes)] ou d’une arres­ta­tion [Voir Quand la brigade criminelle de Paris cherche à acheter un camarade... (Non Fides)], au moment d’un procès…) mais tou­jours aussi avec une cer­taine idée du « bon client » c’est-à-dire sur la base d’un ciblage d’indi­vi­dus vul­né­ra­bles et/ou se met­tant sou­vent en avant. Même si les ren­contres peu­vent sem­bler infor­mel­les, et bien qu’elles s’ins­cri­vent bien sou­vent hors de tout cadre légal [Voir 22 v’là la SDAT (Rebellyon.info)] (on se croise dans la rue, on invite la cible à venir dis­cu­ter tran­quille­ment au resto), la police va viser des per­son­nes sur les­quel­les elle a déjà un moyen de pres­sion. On entre alors dans le domaine des petits arran­ge­ments : sus­pen­dre une condam­na­tion pour des his­toi­res de stup’ ou des délits rou­tiers, éviter qu’une peine tombe, faci­li­ter aussi des pro­cé­du­res admi­nis­tra­ti­ves, ne pas « gâcher une car­rière dans la fonc­tion publi­que » pour des his­toi­res de casier [Voir Affaire de Tarnac : la surveillance policière prise en flag (Les Inrocks)]. Les vieilles cas­se­ro­les qu’on traine peu­vent faci­le­ment se retour­ner contre nous sur le mode du chan­tage, ou alors les flics pro­po­sent car­ré­ment de rému­né­rer le tra­vail de ren­sei­gne­ment. Pour faire passer la pilule, les agents de ren­sei­gne­ment peu­vent faci­le­ment enro­ber leurs appels à col­la­bo­ra­tion d’un dis­cours de gauche, démo­cra­ti­que en diable : à les écouter, ils sou­tien­nent les mou­ve­ments sociaux / anti-nucléai­res / de jeu­nesse [rayer la men­tion inu­tile] mais ce qui les inté­resse c’est les incontrô­lés, les « extré­mis­tes vio­lents » qui jus­te­ment pour­ris­sent les gen­tilles ini­tia­ti­ves citoyen­nes. Cette recette à déjà été uti­li­sées ces der­niè­res années pour sonder ce qui pou­vait se passer dans les luttes de sans-papiers, au cours des mou­ve­ments lycéens ou au sein de la mou­vance écologique radi­cale/antis­pé­ciste. Heureusement, chaque fois les flics se sont faits envoyer bouler, malgré leurs pro­po­si­tions de « renvoi d’ascen­seurs » (on ferme les yeux sur vos acti­vi­tés mili­tan­tes, on arrange quel­ques dos­siers de régu­la­ri­sa­tion à la préf, on vous file du blé…). De manière géné­rale, ce que cher­che la DCRI, c’est de créer des rela­tions sur du long terme. Avoir des sour­ces sur qui ils peu­vent comp­ter et « acti­vés » quand ils ont besoin d’infos. « Gérer une source, ça s’apprend [...]. Un contact tu dois savoir le gérer pen­dant six mois ou un an avant qu’il t’apporte un ren­sei­gne­ment exploi­ta­ble » [L’espion du président, 2012, p. 80] comme le sou­li­gne un ex-RG. C’est pour ça que peu de ques­tions direc­tes sont posées les pre­miè­res fois, ils s’atta­chent plutôt à créer des liens une com­pli­cité, des liens « affec­tifs »… Évidemment que se faire arrê­ter pour une action poli­ti­que et se taper une per­quiz où les flics tom­bent sur des plans de beus ou des choses volées, c’est leur donner un putain de moyen de pres­sion.

Et main­te­nant qu’est-ce qu’on fait ?

Déjà refu­ser quand un agent débar­que et vous pro­pose une simple dis­cus­sion. Couper court direc­te­ment à la conver­sa­tion, on a rien à dire. Si les flics envoient une convo­ca­tion on peut tout à fait refu­ser de s’y rendre. Ce n’est pas un délit. S’ils veu­lent à tout prix enten­dre quelqu’un ils vien­dront le cher­cher mais le plus sou­vent l’audi­tion est moyen pour eux d’obte­nir quel­ques infos, et dans ce cas-là ils peu­vent faci­le­ment lâcher l’affaire. De toute manière, autant ne pas s’y rendre de son plein gré, et ce refus est d’autant plus facile si il pro­vient d’une déci­sion col­lec­tive et assu­mée [Comme cela a été le cas par exemple dans l’affaire de la « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne » où la décision à été prise, suite à plusieurs réunions, de ne pas se rendre à ce genre de convocations. Résultats les flics sont allés cherchés les gens convoqués qu’ils voulaient vraiment chopés et les autres ont pu passé à trav’.]. Contre-argu­ment : « mais comme ça on a plus d’his­toi­res, c’est fini ; si j’y vais pas, ils vont penser que je sais des choses, ça va m’être repro­ché ensuite. Moi d’façons je ne sais rien ». Ouais, sauf que 1) dans la plu­part des cas, c’est quand les flics sen­tent que ça ne prend pas, quand ils se pren­nent quel­ques refus à la suite, qu’ils lâchent l’affaire (sur­tout quand ils sen­tent que ça émane d’une posi­tion col­lec­tive) 2) même une conver­sa­tion ano­dine avec la police peut mettre dans la merde d’autres gens. Parce qu’on parle, que dans le flot de la conver­sa­tion on cite même sans le vou­loir, des noms, des lieux, des habi­tu­des, des his­toi­res déjà enten­dues. Autant d’éléments dont les flics vont se servir pour ali­men­ter leurs enquê­tes et pro­cé­der à de nou­veaux inter­ro­ga­toi­res. C’est d’ailleurs sans doute le pire, deve­nir indic malgré soi en dis­cu­tant non­cha­lam­ment avec les flics. Ou en ayant l’habi­tude de raconter quel­ques hauts faits n’importe où, au télé­phone [Dans un récent entretien au site Mediapart, Yves Bertrad, l’ex-patron des RG confirme que « Les écoutes, la DCRI en a fait comme vous pouvez manger des croissants ».], de se lancer des allu­sions foi­reu­ses par texto. Bref, si au bout du compte, on se retrouve face à des flics qui posent des ques­tions, la meilleure chose à faire reste encore de ne rien décla­rer. C’est faci­le­ment tena­ble en se retran­chant der­rière le fait que c’est un droit. On peut aussi insis­ter pour voir un avocat et ne rien décla­rer tant qu’il n’est pas là. Ce refus marche d’autant plus que dans bien des cas, l’entre­tien n’a rien d’offi­ciel.

Et si on a été convo­qué, qu’on s’y est rendu et qu’on a parlé, ou juste bavardé, hein, raconté deux trois his­toi­res… C’est sans doute pro­blé­ma­ti­que mais tout n’est pas perdu pour autant. Ce qu’il faut abso­lu­ment faire, avant que la situa­tion empire et ne devienne irré­cu­pé­ra­ble, c’est en parler aux gens concer­nés, à ses amis, et rendre publics un maxi­mum d’éléments. Partager tout ça. À la fois, pour voir très pré­ci­sé­ment ce que les flics cher­chent et savent déjà, tout en met­tant ensuite au cou­rant plus lar­ge­ment les gens qui doi­vent l’être. Et aussi dans le soucis de trou­ver une issue col­lec­tive à ce mer­dier. Il faut à tout prix éviter de se retrou­ver seul face à ce qu’on vient de faire : on en finit pas de res­sas­ser ce qu’on a dit/pas dit, ce qu’on a laissé enten­dre. Garder ça pour soi ne sert à rien, tel­le­ment c’est lourd, angois­sant. Ne pas se res­sai­sir à plu­sieurs de ce type d’inci­dents est une erreur (un jour ou l’autre ça va se savoir et les dégâts ris­quent d’être encore plus impor­tants entre les gens et pour la per­sonne qui s’est trou­vée piégée). Rien que des his­toi­res tris­tes en pers­pec­tive.

À Lyon, dif­fé­rents col­lec­tifs, comme la Caisse de Solidarité, sont là pour pou­voir se res­sai­sir col­lec­ti­ve­ment de ces his­toi­res.

Mieux vaut pré­ve­nir…

Il est indis­pen­sa­ble de déve­lop­per une intel­li­gence com­mune autour des pra­ti­ques poli­ciè­res d’infil­tra­tion, de ren­sei­gne­ment et de répres­sion. Sans doute que faire du bruit, les rendre publi­ques permet déjà d’en limi­ter l’impact (et pas seu­le­ment parce qu’on grille les sour­ces). Mais il faut aussi s’atta­quer au ter­rain qui permet aux flics de manœu­vrer rela­ti­ve­ment faci­le­ment. Quelles prises nos formes col­lec­ti­ves d’orga­ni­sa­tion et de vie offrent-elles déjà aux flics ? Comment au fond la police fonc­tionne déjà en notre sein, créant une dis­po­si­tion à la col­la­bo­ra­tion ? Il y a sans doute tout le petit jeu des embrouilles qui n’arri­vent pas à s’assu­mer fran­che­ment en désac­cords, des rumeurs col­por­tées sur tel ou telle, toute cette machine à pro­duire des iden­ti­tés et des étiquettes bien pra­ti­ques quand il s’agit ensuite de les ranger en orga­ni­gramme… Mais plus essen­tiel­le­ment le pro­blème semble concer­ner la den­sité poli­ti­que des « mou­van­ces » poten­tiel­le­ment ciblées par la police. Autrement dit, ce qui peut per­met­tre de l’empê­cher d’opérer pré­ven­ti­ve­ment, c’est tout sim­ple­ment ce qui d’ordi­naire doit rendre nos exis­ten­ces et nos ini­tia­ti­ves poli­ti­ques un tant soit peu viva­bles : un peu moins de défiance et de res­sen­ti­ment, un peu d’intel­li­gence dans les conflits, un tant soit peu d’inté­grité ou de sin­cé­rité et sur­tout une soli­da­rité maté­rielle et affec­tive, qui soit à la hau­teur.

Rebellyon, 16 février 2012.

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Contre la répression, allons à Grasse : Appel du 24 février

source : le jura libertaire

Samedi 25 février 2012, à Grasse
Rencontre nationale contre la répression sécuritaire et les violences policières

Face à la répression sécuritaire et au déferlement de violences policières, qui restent impunies, nous avons besoin d’unir nos forces.

De nombreux comités « Vérité et Justice » se sont d’ores et déjà constitués. Des associations et des réseaux interviennent également pour dénoncer ces agissements et l’impunité dont bénéficient les auteurs de cette répression.

En l’état actuel, la dispersion de ces différentes initiatives les rend moins efficaces. Une majorité des acteurs de ces luttes aspire pourtant à la constitution d’un collectif élargi.

L’expérience nous apprend que seules l’action concertée et la mobilisation du plus grand nombre ont abouti à la mise en accusation de policiers. Malgré cela, les poursuites et, quand ils ont lieu, les procès intentés aux policiers conduisent rarement à leur condamnation. La police bénéficie de la protection de la justice : la connivence est de mise entre magistrats et forces de l’ordre.

La liste des victimes de la répression et de la violence d’État ne cesse de s’allonger. L’écrasante majorité de ces victimes est essentiellement constituée de Noirs et Arabes, le plus souvent habitants de quartiers populaires.

Toutes ces violences et cette répression ne sont pas une fatalité. Nous pouvons les prévenir. Nous devons les dénoncer et nous y opposer par l’organisation collective.

Vendredi 24 février 2012 sera rendu, à Grasse, le délibéré du procès des policiers responsables de la mort d’Abdelhakim AJIMI.

Samedi 25 février 2012 sera l’occasion de réunir, à Grasse, autour des comités « Vérité et Justice », toutes les personnes qui luttent contre les violences et la répression d’État.

À l’issue de cette journée, après avoir partagé les expériences et ciblé les objectifs, nous espérons poser les bases d’une structure qui se veut efficace et durable.

À titre d’exemples, cela peut passer par : la rédaction d’une charte, la constitution d’une liste d’avocats spécialisés, la création d’une caisse de solidarité, la mise en place d’un calendrier d’actions collectives à l’échelle nationale, la création d’outils de diffusion (brochure papier, site internet permettant un partage de données écrites, de vidéos…).

La forme et le nom que prendra cette structuration restent à définir. Ceci dépendra de l’implication de chacun. L’idée étant de s’inscrire dans la durée : ce combat n’est pas un sprint, c’est une course de fond.

Rendez-vous Samedi 25 février 2012, à 9h
Place du Cours – Grasse

Contact

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 12 février 2012.

 

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[Inculpé-e-s de Labège] Manif et concert de soutien à Poitiers

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